• Peinture de Rusty Heurlin

    Fairbanks ce nom fait rêver, cœur d’or de l’Alaska , à l’époque on y rencontrait

    des gens assez pittoresques et passionnants, d’autres plus sages, comme les amis de tante Jeanne, tous peintres ou écrivains. Celle-ci avait loué un studio dans un des rares immeubles à plusieurs étages de la ville. C’est d’ailleurs ce qui nous a sauvées dans la nuit du 14 août 1967. Aventure que je vous conterai plus tard. Notre séjour n’était que rencontres et fêtes entres amis. Un jour, alors qu’on prenait le petit déjeuner au restaurant au bas de l’immeuble, nos voisins de table parlaient tantôt français, tantôt anglais. Intriguée j’ai tourné la tête pour voir qui c’était, je sais ce n’est pas poli, mais dans ce coin retiré il était rare qu’on rencontre des Français. L’un d’eux portait un bonnet rouge…c’était le commandant Cousteau ! Finalement nos deux tables n’en firent qu’une… le soir tante Jeanne recevait quelques amis. Parmi eux Rusty Heurlin, un peintre célèbre pour ses tableaux sur la ruée vers l'or, et sa compagne (en rose). http://i51.tinypic.com/yjyxe.jpg  

    Je suis entre Rusty et Jeanne qui trinquent au succès de l'exposition des peintures


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  • Mon permis de conduire américain en poche tante Jeanne m’emmène récupérer la Chevrolet bleue qu’elle avait réservée et nous voilà toutes les deux en route vers Fairbanks. Avant nous étions chez l’assureur chez qui nous avons eu un différent. Tante Jeanne voulait prendre l’assurance la moins chère et moi l’assurance tous risques. On m’avait fait vraiment peur du genre : la route est périlleuses, il y a de nombreux virages, il faut se méfier, tu n’y arriveras pas en une journée, etc. Je m’imaginais une route comme celle qui passe par le col du saint Gothard en Suisse. Bien décidée à ne pas céder j’allais payer la prime, qui finalement n’était pas bien élevée car dans ce pays on pouvait assurer une voiture juste pour la semaine, mais tante Jeanne paya. La route était large et droite à perte de vue. Je roulais à allure raisonnable pour jouir du paysage et surtout par crainte du passage d’ours comme m’avait prévenu l’assureur. La journée passa sans anicroche et sans virage périlleux, sans ville, ni village, les quelques noms sur la carte que je croyais être des lieux dits ou des villages, n’étaient à chaque fois qu’un bâtiment où l’on pouvait se restaurer et prendre de l’essence. Les quelques centaines de miles passèrent bien plus vite que sur les routes de France. Parties le matin, et malgré toutes les arrêts photos on arriva à Fairbanks le soir, façon de dire car en juillet le soleil se couche à peine une heure.

    http://i51.tinypic.com/2vv4cye.jpg Tante Jeanne et moi à Rapids à mi chemin entre Anchorage et Fairbanks


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  • http://i45.tinypic.com/6igwac.jpg Dès notre retour à Anchorage on a sollicité mon aide. Les différentes associations qui géraient l’aéroport, savaient que tante Jeanne et moi, étions revenues avec les officiers de l’armée. Du coup j’étais considérée comme une personne de confiance et j’ai, dans le cadre des activités bénévoles, tenu le bureau des infos lorsque des jeunes militaires en partance pour le Vietnam faisaient escale à Anchorage. Mon unique travail consistait à lire les cartes postales qu’ils écrivaient à leurs familles et amis afin que rien ne soit divulgué, ni sur leur état d’âme, ni sur la destination exacte, etc. puis je mettais un timbre et postais ces petits messages. La plupart du temps je mettais les cartes postales dans les boîtes aux lettres de la poste sans les lire car le peu que je lisais me faisait pleurer. Un grand nombre de ces jeunes gars n’étaient jamais sortis de leurs quartiers et partaient à la guerre comme s’ils partaient en vacances…c’est du moins ce que révélaient leurs missives.

     


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  • Dans le parc résidentiel pour seniors de Calimesa, tout le monde était aux petits soins pour tante Jeanne et moi. Mais aux portes d’une région brûlée par le soleil, sans la climatisation dans le mobil home, on ne tient pas longtemps. Les résidents à l’année avaient tous un climatiseur, ils nous invitaient à tour de rôle, j’avais la piscine pour me rafraîchir, la salle commune climatisée pour les distractions quotidiennes…on se déplaçait en voiture climatisée. Mais tante Jeanne, bien qu’elle aimât la chaleur, cette année là, ne tint pas une semaine. Elle voulut donc retourner à Anchorage. Ce que nous fîmes, on nous accepta malgré le retour antidaté, privilège dû au 100 000 miles club. Retour inoubliable : tante Jeanne et moi étions les seules civiles, tous les autres passagers du vol LA-Anchorage, en cet été 1969 étaient des officiers de l’armée.


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  • Voyager avec tante Jeanne n’était pas de tout repos. Comme elle faisait partie du 100 000 miles club, elle avait droit au salon VIP et autres avantages. Mais elle n’en profitait guère. Ainsi le jour de notre escale à l’aéroport de Los Angeles elle a refusé la chaise roulante, n’a pas voulu monter sur les tapis roulants, et ceci malgré ses difficultés pour se déplacer vite. Résultat : on a manqué la correspondance pour Riverside. On était plusieurs en retard pour cette destination, et c’est finalement en hélicoptère qu’on a quitté LA.

     Marylou à l'aéroport au fond l'hélicoptère


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