• Souvenir quand tu nous tiens : Tante Jeanne et moi 9Une de mes première sortie à Anchorage a été la soirée Bingo au cercle des amis de tante Jeanne parmi eux de nombreux autochtones c’est à dire des indiens et des eskimos. Je ne connaissais absolument pas ce jeu qui, de nos jours, se joue chez nous sous le nom de loto. C’était le grand soir, la recette était le Big Jackpot, la cagnotte de l’année. Pour cela il fallait recouvrir toutes les cases de la plaque achetée un dollar. On couvrait le numéro annoncé en poussant le couvercle. Le temps passait, la salle était silencieuse. J’avais presque tous les numéros qui s’étaient affichés au fur et à mesure au tableau lumineux. D’un œil je louchais sur mes voisines, elles aussi n’étaient pas loin du "Cover All". Tante Jeanne par contre avait plein de cases non couvertes dont certains numéros étaient pourtant affichés au tableau. Je décidais de contrôler sa plaque et me mis à couvrir ses cases le plus vite possible afin de rester à l’écoute du nouveau numéro annoncé. Il ne restait plus qu’une case ouverte lorsque le nombre qu’elle affichait sortit. D’un bond je me suis levée et criait : « bain jo ». Des centaines d’yeux, certains protégés par des lunettes à strass, se fixèrent interrogateurs sur cette intruse que personne ne connaissait. J’avais l’impression d’être fusillée. Tout en brandissant la plaque qui venait de gagner une coquette somme je dis : ce n’est pas la mienne mais celle de Jeanne. Toute la salle poussa un soupir de soulagement et se mit à applaudir. Moi je me sentais soulagée car tante Jeanne venait de gagner de quoi payer la belle Chevrolet bleue.


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  • Souvenir quand tu nous tiens : Tante Jeanne et moi 8

     

    Début juillet 1967 j’ai atterri pour la première fois sur l’Aéroport d’Anchorage. Je ne savais pas parler l’Anglais si ce n’est le peu appris en classe. Mais tante Jeanne voulait absolument parcourir les routes de ce pays « une dernière fois » comme elle disait. Elle avait l’habitude de prendre l’avion et retrouver les routes d’Alaska était un chose qui lui tenait à cœur. Certes, je comprenais à peu près ce que je lisais, mais parler c’était autre chose. Dès ma descente de l’avion elle m’a remis le manuel du code de la route alaskien, différent du nôtre sur de nombreux points. J’étais inscrite pour passer le permis sous huit jours.

    Figurez-vous que, hormis une phrase que je n’avais pas bien comprise j’ai réussi du premier coup le code qui comprenait 48 questions à réponses multiples. On avait droit à trois erreurs, j’en ai fait une par manque de compréhension. Pour la conduite aucun problème, pas le droit de parler au moniteur. La responsable m’a d’ailleurs félicité, selon elle je faisais mieux que bien des Alaskiens. Tante Jeanne était ravie. On pouvait partir à l’aventure dans la belle Chevrolet bleue qu’elle avait réservée en cas de succès.

     


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  • Congrès des Soroptimist à Lausanne. C'était en septembre 1964 : Madame Hoeler, Présidente Internationale du S.I.A. prononce le discours d’ouverture. Des scouts apportent les drapeaux des 37 nations présentes au congrès. Viennent ensuite les discours de Monsieur Max Petitpierre, représentant d’honneur de la Suisse, de Monsieur le Ministre, de Monsieur le Conseiller Fédéral etc. Photos prises le vendredi 4 septembre lors de la réception offerte par les autorités suisses. Quatre femmes, quatre nations : tante Jeanne (USA), moi (France), une Sœur allemande et une comtesse italienne.

    Souvenir quand tu nous tiens : Tante Jeanne et moi 7

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  • Souvenir quand tu nous tiens : Tante Jeanne et moi 6

     

     

    Ce jour-là nous étions à Interlaken  en Suisse. Nous avion pris part au Congrès Internationale des Soroptimist à Lausanne. Tante Jeanne y avait pris froid. Elle reprenait des forces au « Weiße Kreuz », un hôtel où ma famille passait souvent. Elle était attablée avec le propriétaire des lieux et lui vantait les quelques tableaux qu’elle avait emportés. Sur le moment je n’avais pas saisi ce qui se passait. Mais avec le recul j’ai compris : elle vendait les tableaux en échange de quelques jours supplémentaires à passer dans le bon air des montagnes.

     

     

      Géraniums sauvages et potentilles


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  • Souvenir quand tu nous tiens : Tante Jeanne et moi 5

     

     

     

     

    À force d’être avec tante Jeanne j’ai fini par connaître le nom des fleurs sauvages en anglais. Aujourd’hui j’hésite encore en ce qui concerne leur appellation en français.

    Tante Jeanne peignait et un de ses grands succès était les "Wild Roses" en somme les roses sauvages. Bien qu’elle ait écrit dans son livre le nom latin de Rosa Virginiana, Rosier de Virginie, je pense plutôt qu’il s’agit des fleurs de l’églantier. Elles sont, dans cette peinture avec des "bluebells", jacinthes des bois.

    De toute manière Rosa Virginiana la rose sauvage américaine ressemble beaucoup à notre Rosa Canina soit l’églantier.


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