• Celui-ci est composé de trois cabanes en rondins construites sur une langue de terre qui s'avance dans le lac, telle une presqu'île. Chaque cabanon a son utilité propre. L'un sert de cuisine, l'autre de dortoir, le troisième de salle de bain. Première règle à respecter dans cet endroit entouré par une nature à l'état sauvage : ne jamais mettre de la nourriture autre part que dans la cuisine ou dans le "food cage" (grenier sur pilotis, hors d'atteinte des animaux). Seconde recommandation : ne pas quitter le dortoir de nuit sans être accompagné d'un homme armé. Tout cela me semble bizarre, j'ai du mal à croire que les ours ou autres bêtes sauvages s'aventurent aussi près des humains.

    Le soleil n'a disparu que pendant deux petites heures. Il est 1 heure du matin, l'heure de se coucher et il fait jour.

    Confortablement installée sur mon lit de camp je revis tous les instants de cette journée inoubliable, il m'est difficile de m'endormir dans ces conditions.

     

     

    Le lendemain, je suis réveillée par des coups de feu. Le shérif est en pleine action. Lorsque je le rejoins, il me montre des traces d'ours. Ces dernières sont très visibles entre le cabanon qui sert de cuisine et le dortoir. De plus elles suivent mes propres traces. Il prétend que l'animal m'a suivie, durant la nuit, alors que je cherchais un verre d'eau pour Marie. Serait-il en train de vouloir me faire peur ? Bizutage ou vérité ? Personne ne réagit à mes questions. 

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  • Enfin il s'arrête près d'un bosquet.  J'interroge Marie: «Sommes-nous arrivées?» Celle-ci se contente de marcher à vive allure, tandis que le chauffeur fait demi-tour. Je la suis tant bien que mal, mes chaussures ne sont décidément pas adaptée à la situation. Heureusement que mon sac de voyage est léger. «Dépêche-toi. Bien qu'il fasse encore jour, il est tard. Je veux arriver avant la nuit. En cette saison, elle ne dure que deux heures, mais au coeur des montagne elle est très sombre et on n'y voit quasiment rien. On nous attend derrière les arbres que tu vois là-bas.»  Quel spectacle! Je vais d'étonnement en étonnement.

     

    Amarré au bord du lac, un tout petit hydravion aux couleurs vives se balance doucement. Dès qu'il nous aperçoit, le pilote met pieds à l'eau et nous aide à grimper dans la carlingue. Il m'installe à la place du copilote afin que je profite au maximum de la vue. Marie se met à l'arrière. Et le voyage continue en direction de l'est cette fois, destination Grosvenor dans Katmai National Monument. La radio est allumée en permanence durant tout le vol. Le pilote discute avec les habitants des environs. Il leur parle de ma présence, tous, à tour de rôle, tiennent à saluer la nièce de Jeanne, le pionnier. C'est vraiment amusant cette radio où tout le monde entend et écoute ce qui se dit. A force de papoter, je ne vois pas l'orignal (élan d'Amérique) que le pilote essaie de me montrer.

     

    «Il est là, sous les ailes de l'hydravion, il file à toute allure entre les épinettes.»

     

    Le soleil disparaît à l'horizon lorsque nous nous posons sur le lac. Dans un instant ce sera la nuit noire. Pas le temps de se servir du Zodiac pour rejoindre le rivage très proche. Nous sautons dans l'eau peu profonde. Je suis toute trempée par manque de bottes. A chacun de me prêter soit un pantalon, soit une chemise aux couleurs du camp, soit des chaussures. En moins de temps qu'il n'en faut, me voilà transformée en trappeur. Rien ne manque, pas même le chapeau de feutre mou, ni le couteau. On me fait visiter le campement.

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  • Dimanche, 10 juillet 1967, l'avion décolle d'Anchorage avec à son bord des chasseurs, des pêcheurs, des bûcherons et divers gaillards aux larges épaules. Marie, la mère du propriétaire de la ligne aérienne, et Marylou, une jeune fille française, sont les seules femmes à bord. Marylou, c'est moi, et croyez-moi je ne me doute pas de ce qui m'attend. La veille, Marie était venue voir ma tante Jeanne, pour lui dire: «Demain j'emmène ta nièce dans notre camp d'été.» Arrivée depuis le premier du mois, je ne connaissais rien de l'Alaska, si ce ne sont les rues toutes droites parallèles ou perpendiculaires de la grande cité, dont la plus ancienne maison date de 1913. Depuis le poste de pilotage le pilote me parle:

     

    «Marylou, regardez à droite par le hublot, vous apercevrez le volcan Iliamana.» La montagne haute de 10 116 pieds (3 085 mètres) est couverte de neige. Le spectacle est magnifique. Je me sens rougir, car, au fur et à mesure que le commandant m'adresse la parole, toutes les têtes se tournent vers moi. Les passagers habituels se demandent sans doute, mais qui donc est cette jeune fille habillée élégamment ? Ils portent tous des pantalons et des bottes. Je suis la seule en robe et chaussures à talons. Même Marie, mamie de plus de 70 ans, arbore une tenue sportive. La coquine, elle s'est bien gardée de me dire comment me vêtir. Au fait, ils se sont tous ligués pour me bizuter. Tel est l'usage pour être accepté dans la grande famille des Alaskans.

     

    L'avion vole vers le sud-ouest, survolant lacs et forêts. Il atterrit finalement sur une piste rudimentaire. On est à Naknek. Je cherche la ville du regard, mais à part quelques baraques, il n'y a rien. Nous sommes sur une base militaire perdue en pleine brousse. Nos compagnons de vol disparaissent dans la nature, soit au volant d'un camion, soit à pied. Marie me prie de la suivre. Nous montons dans une Jeep conduite par un jeune homme. Il roule durant une vingtaine de minutes qui me paraissent une éternité. Point de route, ni de piste, aucune trace qui laisserait deviner un quelconque chemin.

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  • En cette fin d'après-midi, plutôt frais pour un mois de juin, je vous offre cette belle vue qui, malgré la brume couvrant le lac, laisse augurer une bonne journée à venir. N'est-ce pas que notre p
    lanète est belle ! Va falloir qu'on songe sérieusement à la préserver.

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  • J'adore les belles photos. Celle-ci me fait rêver. Quand je pense aux hommes non respectueux de la nature ! mon coeur se serre.  Aujourd'hui il fait sombre et gris sur Colmar. Des odeurs d'essence flottent dans l'air. La pluie qui jadis rafraîchissait et sentait bon, laisse une traînée de puanteur... Que c'est dommage !
     

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